100 000 apprentis de plus en 2019 ?



 

L’année 2018 restera sans aucun doute comme celle d’apprentissage et de la formation professionnelle. Le grand big bang promis par le gouvernement en matière de réforme pourrait bien avoir lieu. Avec 15 milliards mis sur la table, et une volonté spectaculaire de former, la nouvelle loi permettrait-elle d’atteindre l’objectif fixé par François Hollande et Thierry Repentin, son ministre délégué à l’apprentissage, lors d’un déplacement à la faculté des métiers d’Evry le 17 septembre 2012 ? Aujourd’hui, nous en sommes encore loin. Malgré les mesures de soutien prises par les gouvernements précédents, cette filière est à la peine avec 421 700 apprentis, alors que François Hollande en voulait 500 000. Cela représente 7% des jeunes âgés de 16 à 25 ans. Le gouvernement actuel vise les 15% d’apprentis, comme dans d’autres pays européens.

 

Concernant les 15 milliards d’euros promis par Edouard Philippe, au titre de la formation professionnelle, d’où viendront-ils et que permettront-ils ?

 

Les 15 milliards d’euros seront répartis sur la période 2018-2022 et seront consacrés à rehausser le niveau des compétences des personnes les plus éloignées de l’emploi et 6,7 milliards d’euros dédiés aux 800 000 jeunes décrocheurs. « Si nous arrivons à faire retrouver le chemin de l’emploi pérenne à 300 000 personnes (150 000 jeunes décrocheurs et 150 000 chômeurs, ndlr), ce sera déjà bien, estime Jean Pisani-Ferry, l’économiste chargé d’échafauder le plan.

 

En parallèle, le dispositif de la garantie jeunes devrait être étendu, pour qu’au moins 100 000 jeunes en situation de précarité soient pris en charge chaque année. Pour autant, les Organismes de Formation et les CFA pourront-ils prendre en charge ce flot de nouveaux apprenants ? Comme le financement de ces derniers sera prévu au contrat, on peut imaginer la motivation qu’ils auront à recruter. Pour autant, de nombreuses craintes s’élèvent concernant cette hausse d’effectifs, et notamment sur une bonne prise en charge des CFA ruraux.

Les effets de cette arrivée massive d’étudiants pourraient sans aucun doute être amoindris par l’apport des outils numériques, et notamment une partie de formation à distance.

 

D’après OPCALIA, en conclusion à son enquête nationale sur la digitalisation des CFA, 90% de ces derniers utilisent un ou plusieurs outils numériques dans leur manière d’enseigner. 65% des CFA déclarent « avoir des projets » dans ce domaine et 10 % des CFA n’utilisent aucun outil digital.

 

CITATIONS

« La transformation digitale est un véritable enjeu de budget prévisionnel sur les flux d’apprentis »
« Elle permet de toucher un public plus large, d’améliorer la visibilité des formations par l’apprentissage pour les futurs candidats et leurs familles »
« Aspect ludique de l’apprentissage, intérêt et participation des apprentis pour des outils utilisant la logique du on-line »

 

« Le FFFOD, Forum des acteurs de la Formation Digitale, dont Skillogs est membre, a édité un guide de digitalisation des CFA. Ce guide de 48 pages expose notamment les avantages de la digitalisation de cursus, les opportunités et précautions à prendre lors de l’intégration d’une Formation à distance dans un cursus, et les freins. »

 

« La volonté de réforme voulue par le gouvernement d’Edouard Philippe va clairement dans une volonté Européenne de lever les verrous à une promotion forte de l’apprentissage, et il fait peu de doutes que les chiffres de la formation professionnelle iront croissant. »

 

« La parole pourrait maintenant venir des apprentis, qui restent les principaux intéressés. L’ANAF (Association Nationale des Apprentis de France), qui représente 900 d’entre eux, s’est fait écho de deux types d’inquiétude. Tout d’abord, l’incitation des CFA à recruter des apprentis, qui pourrait, en corolaire, générer de plus grands nombreux incidents avec les employeurs, en proportion, et dont la résolution pourrait être plus délicate, du fait même de l’incitation des CFA à embaucher. La rentrée tout au long de l’année inquiète aussi, notamment du fait des périodes de « creux » entre un baccalauréat ou un brevet des collèges, et l’obtention d’un contrat d’apprentissage en janvier l’année suivante par exemple. »

 

Skillogs, pour sa part, souhaite accompagner cette réforme avec ACARYA, en mettant à disposition des outils accompagnant l’augmentation prévisible des apprentis, tout en permettant une digitalisation gagnante.

 

Références :