Muriel Pénicaud au CNAM (23 avril 2018)

#Demarretastory : l’apprentissage sous les projecteurs



En ce lundi 23 avril, à 4 jours de la soumission de l’avant projet de loi “Avenir professionnel” devant le Conseil des ministres, Muriel Pénicaud a lancé la nouvelle campagne sur l’apprentissage nommée #Demarretastory.

Skillogs était présent à cette conférence de presse pour proposer sa contribution à la campagne,  inspirée du réseau social Instagram où l’on peut poster de courtes vidéos journalières afin de partager des moments de sa journée. C’est ce que l’on appelle une “story”.

La campagne #demarretastory est faite par les apprentis, pour les apprentis. Plusieurs témoignages d’apprentis sont déjà présents sur Instagram, et sur le nouveau site apprentissage.gouv.fr.

Elle n’est pas sans rappeler l’excellent travail de l’ANAF, et son site « Filme Ton Job« , qui permet de partager les expériences des apprentis par la publication de vidéos montrant des extraits de leurs activités professionnelles en entreprise selon un format dynamique qui favorise l’apprentissage : Erreur -> Conséquence -> Solution.

Nous travaillons depuis plusieurs mois déjà sur le principe de validation de compétence via les outils médias, dont la vidéo, et de telles campagnes sont des sources inépuisables d’analyse. lors du Festival européen de validation à Bruxelles les 14 et 15 juin 2018, organisé par la Commission Européenne,  Skillogs et une quarantaine d’organisations auront l’occasion de présenter des initiatives et des pratiques sur la validation de l’apprentissage, utilisant la force de la vidéo comme outil de promotion de l’apprentissage et validation de compétences.

La Ministre a déclaré lors son intervention au Conservatoire National des Arts et Métiers que cette campagne a été lancée pour “casser les codes”. Beaucoup de métiers peuvent se préparer en apprentissage, sans que les jeunes en soient clairement informés. En apprentissage, on peut préparer les mêmes diplômes que pendant la formation initiale, un CAP, un Bac Pro ou même un titre d’ingénieur. 7% des jeunes de 16 à 25 ans seulement sont en apprentissage, contre 15% par exemple en Allemagne. Un véritable boom est possible.

“Notre défi est de convaincre les jeunes et leurs parents d’oublier les idées reçues concernant l’apprentissage et de leur montrer qu’il permet de s’épanouir”

Vaste chantier ! Un sondage Elabe pour l’Institut Montaigne et le JDD d’octobre 2017 démontre que la population ne demande pas mieux : 74% des Français interrogés ont une bonne image de ce dispositif mêlant école et travail. Pourtant ils sont 56% à penser que l’apprentissage a une mauvaise image. Doit-on parler de double discours ?

 

Sondage apprentissage

Muriel Pénicaud veut également, parmi les 20 points de la réforme présentés vendredi en Conseil des Ministres, augmenter les rémunérations des apprentis, et donner 500 euros pour financer en moyenne la moitié de leur permis. Pour cela elle mobilise tous les acteurs qui interviendront dans l’apprentissage : « les jeunes, les entreprises, l’éducation nationale, les régions et les partenaires sociaux ». Pour la Ministre, il n’y a pas “d’objectifs chiffrés” “On est plus ambitieux que ça” dit-elle lors de son interview sur Europe 1. Les 1,5 milliard d’euros qui étaient distribués aux Régions pour l’apprentissage seront désormais répartis pour les branches et les jeunes apprentis.

Muriel Pénicaud maintient cependant son choix : “tout l’argent de l’apprentissage ira à l’apprentissage il n’y aura plus de limite de financement.”

« Cela repose sur le pari que les entreprises vont embaucher plus d’apprentis. Aujourd’hui je fais appel à toutes les entreprises, c’est le moment d’y aller »

Chez Skillogs, nous avons fait le pari de l’apprentissage dès le départ : 2 apprentis sur 6 salariés ! Et nous pouvons souhaiter la bienvenue à Jean-Baptiste, le petit dernier, alternant en ergonomie UX-UI, dans un Master de Management en design et innovation. Notre nouveau venu est le fruit d’une collaboration désormais quotidienne avec IBM France, et la Scale Zone.

Malgré tout, la réserve des Régions est à prendre en compte. Comme l’exprimait « Régions de France » en février dernier, pour la première fois depuis 30 ans, « une compétence décentralisée et pilotée avec efficacité par les régions sera très largement centralisée », note-t-elle. « Le compte n’y est pas pour répondre sur tous les territoires aux besoins et au maintien du développement de l’apprentissage ».

Un long débat est à prévoir à l’Assemblée Nationale et au Sénat à ce sujet.

Dans l’attente, la campagne #demarretastory met en avant les apprentis qui ont déjà trouvé leurs entreprise d’accueil, et sont donc déjà épanouis professionnellement. La difficulté de trouver une entreprise d’accueil pour les apprentis n’est pas toutefois pas évoquée et les jeunes reprochent ce manque de communication en ce qui concerne cette recherche d’emploi. Les apprentis sont souvent jeunes avec des CV vierges. Cette période de recherche est souvent très stressante et peut pousser à l’abandon de l’apprentissage.

On commence à bien connaître les verrous concernant les entreprises, craintives en ce qui concerne l’accueil d’un apprenti : manque de temps pour former,  absence de maître d’apprentissage, rythme parfois difficile de l’alternance…

Skillogs présente 4 avantages tactiques avec sa proposition Acarya pour la formation professionnelle :

  • Supprimer les limites géographiques : supprimer les verrous de lieu de vie, de contexte familial, financier et social
  • Réduire les coûts et le temps de formation: un apprentissage plus rapide et dédié. Ce qui prend 500h en présentiel peut être divisé par 2 en ligne
  • Fournir une large gamme de ressources intelligentes de formation en ligne : dissémination rapide des nouveaux savoirs, smart Moocs, en utilisant les outils numériques du quotidien des nouvelles générations sur le marché du travail
  • Un planning stable dans l’entreprise d’accueil : 30h par semaine, chaque semaine, en entreprise, et 9h hebdomadaires en e-learning personnalisé.

Skillogs a l’ambition de former, dès 2020, 100 000 apprentis avec des outils numériques dédiés, agrégateurs des 13 485 compétences du référentiel Européen ESCO.

Dès cet été, nous formerons 150 apprentis à distance, dans le secteur de la restauration, et ainsi contribuer à lever deux verrous mis en avant par la Ministre ce matin :

  • Verrou géographique
  • Verrou du handicap

Parmi ces 150 apprentis, 10% seront travailleurs handicapés, contre 1% actuellement en apprentissage.

Skillogs souhaite poursuivre sur la vague de ce matin, et travailler en bonne intelligence à la promotion de tels concepts.

Dès le mois de janvier, lors des Universités d’Hiver de la Formation Professionnelle, Muriel Pénicaud appuyait ses propos en voulant accompagner les structures volontaires pour la promotion de l’apprentissage, notamment par les outils numériques.

Nous avons beaucoup aimé chez Skillogs le hashtag #DémarreTaStory, qui n’est pas sans rappeler la méthode Agile, très courue en informatique, et que nous préconisons . Nous avons donc à l’esprit un second Hashtag, #DémarreTonEpic, parallèle avec les méthodes agiles, qui concernerait plus les CFA et plateformes de formations, qui sont agrégateurs des stories des apprentis.

Références